Le sexisme ordinaire

Il y a peu de temps, j’ai regardé la vidéo sur le sexisme, intitulée « LE PANTALON », de la chaîne Youtube Rose Carpet. J’ai voulu vous en parler parce que lorsque j’étais jeune, je n’imaginais meme pas que cela puisse être du sexisme. Si vous n’avez pas vu cette vidéo, je vous encourage vivement à aller la voir. Il s’agit d’une discussion entre amis des plus ordinaires, malheureusement. Je me suis parfaitement reconnue dans mes années collège et lycée, non pas comme l’un des adolescents mais plutôt comme cette adolescente qui ne s’offusque pas devant de telles remarques. Aujourd’hui, je prends pleinement conscience du fait qu’il s’agit complètement de sexisme. Je ne le tolère absolument pas et ne le tolère plus depuis quelques années. Mais pourquoi l’ai-je un jour toléré ? Parce qu’il est ordinaire et banalisé. Aujourd’hui je veux vous parler de l’importance de ne plus laisser passer les « Roh ça va, c’est pour rire ! » ou encore « Les meufs, vous êtes que des rageuses ». C’est facile de dire qu’on n’est pas sexiste. Mais c’est beaucoup plus difficile de ne pas l’être.

Avant toute chose, je souhaite dire que ce ne devrait pas être à nous, les femmes, de veiller à ce que notre collègue ne soit pas sexiste « contre son gré ». Il incombe à chacun de veiller au quotidien à ce qu’on cautionne et à ce qu’on ne cautionne pas. De plus, le sexisme n’appartient pas qu’aux hommes. Il est évident qu’ici, je vous partage mon expérience personnelle avec le sexisme ordinaire. Celle du moins dont j’ai conscience.

La première chose qui me vient à l’esprit est la volonté de plaire, de me fondre dans la masse et de ne surtout pas être comme toutes les autres. Je ne voulais pas être associée à la faiblesse, à la sensibilité et à la position basse, de soumission, auxquelles les femmes sont constamment associées. Et comme je ne savais pas faire autrement à l’époque, je ne me révoltais pas contre ces stéréotypes, je me montrais simplement différente. En faisant du judo, de la boxe, en prenant totalement en main ma sexualité, en m’imposant intellectuellement dans des matières scientifiques jusqu’à ce que je ne le puisse plus ou bien jusqu’à ce qu’on ne me le permette plus. En effet, je ne sais toujours pas si j’ai réellement des difficultés en mathématiques par manque d’intérêt ou simplement si j’ai eu à faire à une prophétie auto-réalisatrice, portée par mes professeurs, mes parents et la société toute entière. Combien de fois ma mère m’a encouragée à poursuivre mes études de français plutôt que mes études de mathématiques ? Combien de fois mon professeur m’a ignorée, au profit d’un garçon, lors d’un cours de physique-chimie, lorsqu’un autre me donnait sans cesse la parole en cours de langues ? Et j’ai beau eu me dire que j’étais au-delà de ça, sans réel intérêt de la part de la société, cela ne peut pas suffire très longtemps.

Mais dernièrement, j’ai découvert que je ne suis pas en compétition avec les autres femmes. Parce qu’elles ne sont pas chiantes, elles ne sont pas faibles et encore moins soumises. Elles se débattent aussi avec tous ces stéréotypes, avec tout ce sexisme, pour être des individus à part entière, dépourvu du lourd bagage qui vient avec leur genre. Chacune s’accommode, se bat ou plie sous son poids. Mais aucune ne peut encore s’en défaire. Parce que si elles acceptent parfois cette charge, si elles n’ont pas la force, l’envie ou l’idée de s’en débarrasser, ce ne sont pas elles qui le soulèvent volontiers. On nous le pose là, sur les épaules, sans qu’on puisse le dissoudre totalement. Alors aujourd’hui, je veux œuvrer, à mon échelle et à mon rythme, au changement sociétal nécessaire à l’amélioration de la condition féminine. Je le fais ici, à travers les articles de mon blog, mais aussi au quotidien, avec les gens qui m’entourent et enfin, à travers mes travaux universitaires dans lesquels je m’essaye à comprendre et à proposer ce qui pourrait être utile à cette cause.

Je voulais tout de même conclure en vous disant que je ne suis pas qu’une femme et que cette part identitaire ne prend en aucun cas toute la place dans mon quotidien. Je suis aussi passionnée par bien d’autres choses et je ne souhaite pas tout teinter de mon genre. Cela n’aurait que peu de sens et vraiment pas d’intérêt. Mais tous les jours je suis confrontée à mon genre, officiellement ou officieusement, malgré moi. Et s’il arrive que je m’en offusque, parfois je sais aussi ne pas y prêter attention. Dites moi ce que vous pensez de tout ça en commentaires, que vous soyez un homme, une femme ou non-binaire, je trouve que c’est toujours intéressant d’avoir votre point de vue !

Photo by kevin laminto on Unsplash

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