La féminité

Le Larousse définit la féminité selon trois points de vue différents, à savoir biologique, psychologique et statistique. La féminité biologique est l’ensemble des caractères anatomiques et physiologiques, propres à la femme. La féminité psychologique est l’ensemble des traits psychologique considérés comme féminins. Et enfin, d’un point de vue statistique on peut parler de taux de féminité par exemple. Ce sont les définitions du Larousse, qui sont pour moi très réductrices et je vais vous expliquer pourquoi. J’aimerais tout de même rappeler avant tout qu’il ne s’agit que de mon avis mais que je suis une femme et suis donc confrontée à ces définitions de la féminité au quotidien. Cela étant dit, passons au cœur du sujet !

 

La féminité d’un point de vue biologique serait un ensemble de caractéristiques anatomiques et physiologiques propres à la femme. Dans ce cas, il faudrait avoir plusieurs caractéristiques anatomiques propres à la femme pour être féminine. On ne nous précise pas lesquels mais on pense évidemment à la poitrine, à l’appareil génitale, peut-être aux hanches larges, aux lèvres pulpeuses et aux traits du visage plus doux. On peut aussi ajouter des cheveux longs et des proportions physiques déterminées. Alors voilà, la féminité n’est pas si simple que cela. Quels éléments sont essentiels ? Si nos cheveux sont courts, sommes-nous moins féminines ? S’ils sont longs au contraire mais que nous n’avons pas de poitrine, sommes-nous toujours féminines ? Et si nous avons tout cela mais pas le « bon » appareil génital, sommes-nous féminine ?

Et bien oui. Parce que la féminité n’est pas une caractéristique physique. Parce que biologiquement, la féminité est un assemblage de morceaux de corps qui permet de définir un sexe. L’humain a besoin de définir les choses et on peut penser qu’en biologie c’est utile à la science et à la médecine. Certaines caractéristiques sont inhérentes au chromosome X. Mais lorsque nous parlons de féminité au quotidien, nous ne précisons jamais qu’il s’agit d’un aspect biologique.

 

Alors ensuite, la féminité d’un point de vue statistique amène une certaine nuance, avec un taux de féminité. On pourrait l’interpréter dans une population mais pourquoi pas aussi chez un individu. On entend souvent qu’une femme n’est pas assez féminine ou au contraire, qu’elle l’est trop. Comme s’il y avait un juste milieu, dans lequel une femme est mignonne mais pas trop, s’affirme mais pas trop, se maquille mais pas trop, charme mais pas trop. C’est flagrant quand on qualifie le style d’une femme d’un style « à la garçonne » parce que cela signifie clairement que ce style manque de féminité. Mais cette vision statistique apporte une nuance à la définition très précise de la féminité biologique.

 

Enfin, le plus intéressant est la définition psychologique, dans laquelle la féminité est un ensemble de traits psychologiques considérés comme féminins. C’est absolument flou. A mon sens, cela ne veut absolument rien dire. Pour moi, la féminité est quelque chose qu’on a lorsqu’on est femme. Qu’on soit douce ou agressive, qu’on soit superficielle ou négligée, qu’on ait envie d’avoir des enfants ou non ne définit pas notre féminité. Chacun est différent et à ce titre, la féminité si elle peut être généralisée reste très personnelle. Une femme vit sa féminité à sa manière, selon son vécu et sa culture. Alors oui, la société dans laquelle nous grandissons nous dicte ce qu’est la féminité, sexualisant plus ou moins la femme. La féminité est associée à l’attirance et donc au sexe, transformant la femme excessivement féminine en un objet général de désir.

C’est avec toute cette réflexion que j’ai pu dire que la féminité n’est pas une paire de seins, de même qu’elle n’est pas une longueur de cheveux ou encore un trait de caractère. La féminité c’est être femme et c’est peut-être même la manière dont cette identité s’exprime. Si dans notre société, une femme féminine a les cheveux longs, se maquille, porte des talons hauts et des robes, se pare de bijoux et a du charisme, en réalité ce n’est pas cela, la féminité. Ne pas porter de talons hauts ne rend pas moins femme, tout comme en porter ne rend pas plus femme. Si nous en ressentons l’envie, alors faisons ce qui nous plaît ! La représentation de la féminité, ancrée en nous, le sera sans doute pour le restant de nos vies mais la place que nous lui laissons nous revient à nous.

 

Finalement, la féminité s’exprime sous bien des formes et il est bon de pouvoir les entendre. Il est tout aussi bon de ne pas cantonner la féminité d’une femme à ce que la société impose aujourd’hui. Cela s’inscrit évidemment dans une nécessité de genrer, que j’aimerais voir s’amoindrir au fur et à mesure du temps. Au même titre que je me vis en tant qu’individu m’identifiant au genre féminin, j’aimerais qu’à l’intérieur de soi chacun puisse se vivre d’abord en tant qu’individu. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et si cela éclaircit le flou que j’ai pu laisser dans mon article sur le no bras !

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