Les orages d’été

Depuis des jours maintenant, la chaleur était étouffante. L’été avait commencé trop tôt et trop fort. Il avait du mal à supporter la brûlure des rayons du soleil mais lorsqu’il restait chez lui, l’air devenait si lourd qu’il ne respirait plus. Sa peau était constamment humide et il pouvait sentir les gouttes de transpiration dégouliner le long de son dos de temps à autres. Il passait son temps à retirer la sueur entre son nez et sa bouche et regrettait déjà sa moustache. Il venait de la raser parce ses poils le rendaient fou. Il avait l’intime conviction qu’ils lui tenaient plus chaud qu’autre chose. De toute évidence, ce n’était pas le cas et il allait désormais devoir prendre son mal en patience.

 

Dans son petit appartement de ville, il étouffait. Le ventilateur était tombé en panne au début de l’épisode caniculaire et l’achat d’une climatisation n’était pas envisageable. S’il passait son été à attendre qu’il finisse, cela allait lui poser un bon nombre de problèmes. Il souhaitait rester là à ne rien faire, au bord de l’eau ou en montagne, jusqu’à ce que la fraîcheur revienne la nuit. Quand on pouvait renouveler l’air le soir, la chaleur était supportable. Etre dans l’eau était devenu une obsession mais il ne voulait pas sortir de chez lui. Il ne voulait pas se sentir oppressé par une cinquantaine de gens ayant tous eu la même idée au sortir du lit. La plage était une option qu’il ne considérait pas vraiment, puisque le trajet pour y aller à pied l’aurait très certainement tué avant qu’il arrive à destination.

 

Assis en caleçon devant son ordinateur, il retardait le moment où il allait devoir sortir faire des courses. C’était le week-end et il n’avait pas d’autre moment pour le faire. Dès qu’il sortirait de son appartement, le soleil brûlerait sa peau. Son corps redoublerait d’effort pour réguler la température et il suerait tellement qu’il lui faudrait boire au moins un litre d’eau en rentrant. Et avec toute cette appréhension de l’extérieur, sa motivation s’amoindrissait. Il finit par sortir assez tard, se disant que la chaleur aurait diminué. Grave erreur. Il faisait moins chaud à midi qu’à 18h, quand le soleil n’avait pas encore eu le temps de chauffer l’air et la terre à son maximum. Ses courses furent pénibles et le trajet du retour, laborieux. Il ne sortirait plus du week-end, il se l’était promis.

 

C’était sans compter le grondement qu’il crut entendre dans le ciel lorsqu’il rangeait ses provisions dans son réfrigérateur. Il était persuadé qu’un son délicieux à son oreille venait tout juste de retentir. Ce son revint, une fois puis deux pour finalement se répéter des dizaines de fois. L’orage ! Le seul, l’unique, don’t il pouvait espérer un peu de fraîcheur. Des éclairs fendaient le ciel sombre avant chaque explosion sonore. Il avait fini par s’accouder à la fenêtre de sa cuisine, grande ouverte, en espérant que l’air se rafraîchisse miraculeusement. Les rayons du soleil avaient disparu derrière l’épaisse couche de nuages noirs et c’était déjà ça.

 

Enfin, le ciel craqua et la pluie se déversa. Quelques gouttes s’échappèrent timidement avant que le torrent ne se déverse. De grosses gouttes vinrent s’écraser sur le rebord de sa fenêtre, puis sur ses bras et enfin sur le sol de sa cuisine. Il rabattit alors les volets en espagnolette et laissa la fraîcheur s’engouffrer dans son appartement. Quelques gouttes de pluie trouvèrent le chemin jusqu’au sol de sa cuisine mais il les essuierait plus tard. Si la chaleur qui promettait de revenir dans quelques jours ne s’en occupait pas avant lui.

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