L’ombre du pouvoir – Le bâtard de Kosigan, I de Fabien Cerutti

Avant toute chose, je tiens à préciser que ce n’est pas un livre que j’aurais choisi moi-même. En lecture, mon style de prédilection est le policier parfois même thriller, dans le style de Franck Thilliez ou Stephen King. L’héroïque fantasy dans un univers médiéval fantastique ne trouve pas grâce à mes yeux. Étrange pour quelqu’un qui en a écrit pendant des années sur un forum de rôle play, n’est-ce pas ? Je n’ai jamais trouvé une série de romans dans ce style qui puisse me plaire depuis mon adolescence. Dans la littérature jeune adulte j’ai réussi à trouver des romans qui m’ont emportée dans leur univers, qui m’ont fait vivre des aventures fantastiques et qui m’ont énormément inspirée. Parmi eux, le grand Pierre Bottero avec Les mondes d’Ewilan, Le pacte des marchombres, Les âmes croisées ou encore L’Autre. Après cela, je n’ai plus rien trouvé dans la littérature pour adulte.

 

Mais récemment on m’a offert ce roman, pour les raisons suivantes. Fabien Cerutti est agrégé d’histoire et enseigne en région parisienne. Il est passionné de jeu de rôle et de jeu vidéo, ce qui le mène à écrire cette série de romans. L’ombre du pouvoir est le premier tome d’une série de quatre. Il existe trois nouvelles hors de cette série qui restent tout de même dans cet univers. Le bâtard de Kosigan est disponible à l’écoute sur Audible, donc si vous préférez les livres audio vous êtes servis ! Les quatre tomes sont lus par le comédien Alex Donders et datent de fin 2018 et début 2019. Autant vous dire qu’ils sont tout neufs !

 

Ce livre est écrit par un passionné de rôle play et on me l’a offert pour que je m’y intéresse sous cet angle. J’ai hésité à l’ouvrir et une fois ouvert, j’ai sans cesse hésité à poursuivre ma lecture. Je n’aime pas arrêter une lecture en plein milieu mais si je n’aime vraiment pas, j’ai tout de même beaucoup de mal à terminer un roman. Un peu comme la nourriture vous savez, je n’aime pas jeter et comme j’ai peu de talent en cuisine, il arrive que certains plats ne soient pas aussi savoureux qu’escompté. Je me force donc à manger jusqu’à ce que le goût ne soit vraiment plus supportable, et je dois parfois m’y reprendre à plusieurs fois. Je pense que vous avez compris, je n’ai pas aimé ce roman.

 

L’univers n’est pas bien implanté, à mon sens, et chaque apport du narrateur arrive comme un cheveu sur la soupe. On débute avec un elfe, dans la Champagne française. Nous avons donc un monde connu, nous évoluons dans le Moyen-Age terrestre, mais il est peuplé de multiples races humanoïdes, traversé par la magie et donc méconnu du monde actuel. Le monde actuel se situe fin du XIXe siècle. Nous avons une alternance entre cette époque et le XIVe siècle. D’un côté nous avons le bâtard de Kosigan et de l’autre son descendant, qui mène des recherches sur ses origines et dont nous avons connaissance à travers ses correspondances. C’est une construction assez particulière que je n’apprécie guère et qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Je n’ai pas lu les tomes suivants et je ne les lirai pas donc je manque sans doute une grande partie de l’intrigue. Mais ce que j’ai lu là ne m’a pas donné envie de poursuivre pour en savoir plus.

 

Le style n’est pas non plus de ceux que j’apprécie. Il arrive que certaines phrases ne sonnent pas bien à mon oreille et soient trop longues ou mal formulées. J’ai parfois dû m’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre ce qui se disait là. Cela coupe pas mal la lecture, tout comme les passages en héraldiques d’ailleurs. Je vous disais que certains morceaux du lore tombaient un peu comme un cheveu dans la soupe et c’est le cas avec celui-ci. L’intrigue s’organise principalement autour d’un tournoi et à son commencement, l’auteur entreprend une description des blasons en héraldique. Cela n’a à mon sens pas d’intérêt, surtout lorsque cette description n’est jamais réutilisée dans la suite du roman. Les blasons ne sont plus décrits de la sorte et ce vocabulaire si particulier freine momentanément la lecture. Le vocabulaire est tantôt recherché et vieilli, tantôt actuel et à la portée de tous. Cela me donne l’impression que l’auteur a voulu mettre du vocabulaire pour en mettre, sans qu’il apporte réellement quelque chose à l’histoire. D’autres passages m’ont aussi étonnée et quelque peu refroidie, notamment lorsque sont décrites des scènes violentes qui ne semblent l’être que pour le plaisir. Elles sont rapidement justifiées mais pas suffisamment à mon goût.

 

Pour résumer, j’ai eu l’impression de lire une série de postes de rôle play mis bout à bout et rafistolés avec du scotch. L’univers n’est pas posé dès le début et se construit bloc par bloc au fur et à mesure que l’histoire avance, quand le besoin s’en fait ressentir. Si cela plaît à certains, je n’ai définitivement pas accroché. Je pense que je ne suis pas le public cible, peut-être à cause de mon âge mais définitivement à cause de mon genre de prédilection en lecture. Je tiens tout de même à préciser que ce livre est bien noté sur la Fnac et sur Amazon et qu’il a plu à un grand nombre ! Ce premier tome a reçu deux prix en 2015 : le prix imaginales des lycéens et le prix Futuriale Révélation.

 

Je ne suis pas prête de retenter l’expérience avec ce genre littéraire ! Cependant si vous avez des recommandations je suis toujours preneuse et peut-être que certaines sauront me réconcilier avec ce genre, qui sait ?

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