Les interrogations d’autrui

Lorsqu’on en vient à dire à quelqu’un qu’on écrit, toutes sortes de questions fusent. Certains balaient du revers de la main cette information et passent à autre chose. C’est frustrant lorsque l’écriture est une part importante de soi mais c’est compréhensible puisque cela ne peut pas intéresser tout le monde. L’écriture faisant partie intégrante de ma personnalité, lorsqu’on pose des questions à son sujet je suis ravie d’y répondre ! Et c’est en partie pour répondre à certaines questions récurrentes que je fais cette série d’articles.

La première question qui se présente n’est autre que la suivante : « Tu écris quoi ? ». A cette question si simple, la réponse ne vient pas vraiment de soi. J’invoque, dans mon cas, mes projets personnels, comme je les appelle, en lâchant plus ou moins de détails en fonction de la personne que j’ai en face de moi. L’écriture étant quelque chose de très personnel, voire intime dans mon cas, j’ai du mal à me livrer à n’importe qui. Je sais que ce n’est pas la même chose pour tout le monde et que certains arrivent à discuter de leurs créations sans aucune retenue ni aucune gêne. La question de ce qu’on écrit est légitime et elle marque un réel intérêt. Elle peut parfois donner lieu à une demande de lecture de nos productions et généralement c’est ici que je pose une limite. A ce moment je donne le nom ou le lien de mon blog et tout un chacun peut alors profiter de ma plume ! Mes articles sont postés dans le but d’être lus lorsque mes projets personnels ne le sont certainement pas en l’état. En sommes, il y a beaucoup de réponses que nous pouvons donner à cette question : le genre, le format, et sans doute bien d’autres choses auxquelles je ne pense pas !

Suite à cette question assez typique, on peut en rencontrer de bien plus diversifiées. Je pense notamment à la suivante : « Comment tu fais ? ». Celle-ci est assez délicate. En effet, elle n’est pas claire et on ne sait pas vraiment quelle est le genre de réponse attendu. Nos petites habitudes ? Ce qui nous permet d’être inspiré ? Des techniques ? Le développement de notre style ? Alors souvent je demande une précision. Mais disons que lorsqu’on a aperçu notre style à travers un article ou une rédaction quelconque, certaines personnes sont intriguées par le processus qui a mené à ce résultat. Souvent ce que je réponds quand on me pointe du doigt un passage de mon écriture, en me demandant comment j’ai fait, j’insiste sur le fait que je n’en suis pas arrivée là en deux jours mais plutôt en dix ans. L’écriture se travaille, même lorsque c’est une passion. Ce n’est certes pas un effort que je produis à chaque session d’écriture mais je me suis en revanche considérablement améliorée depuis mes premiers écrits. Même depuis les premiers article de mon blog, je suis certaine qu’on peut voir une différence ! En somme, ma réponse à « Comment tu fais ? » n’est autre que « J’écris tous les jours. »

On m’a aussi demandé parfois pourquoi. Pourquoi est-ce que tu écris ? J’aime beaucoup celle-ci puisqu’elle est plus profonde et la réponse sera donc plus subjective. Elle nécessite une réflexion sur soi, sur ses motivations profondes. Pourquoi est-ce que vous écrivez ? Je serais curieuse d’avoir une part de votre réponse dans les commentaires. Je vais essayer de vous donner aussi une part de la mienne. Cette question de la raison se pose au centre du processus. On dit souvent que les meilleurs écrivains ont vécus les pires traumatismes, que l’écriture délivre de maux ou encore qu’elle s’inscrit dans un processus thérapeutique. On soigne effectivement par l’écriture, puisqu’elle permet parfois d’exprimer ce qui ne peut pas se dire. Construire des histoires, des personnages, des mondes entiers ne peut se faire sans mettre une part de soi dedans, quasiment à chaque étape. Ce qu’on rejoue dans nos écrits est parfois essentiel. Mais il est indéniable qu’on ne peut pas trouver un sens caché dans chaque phrase non plus.

Alors pourquoi j’écris ? Tout d’abord parce que j’aime ça. Je crois que c’est la réponse la moins intéressante mais la plus vraie. Ensuite, j’écris parce que cela me permet de m’évader. Sur mon blog, je partage ma vie personnelle, mes expériences et mes réflexions. Ces réflexions peuvent prendre la forme de courtes histoires, animées par des personnages inconnus et qui vivent un moment unique. Mais au-delà du blog, j’écris aussi au sein d’univers fantastiques parfois mais toujours fantasmés. Ils me permettent alors de m’évader, de rentrer dans un monde qui n’est pas le mien et d’y vivre des aventures extraordinaires. Faire vivre un personnage c’est devenir quelque part ce personnage. C’est entrer dans son monde et le voir à sa manière. Evidemment, on garde en tête que tout ceci ne se joue que dans notre imagination. Mais si nous n’aimons pas être dérangé lorsque nous écrivons, c’est bel et bien parce que nous sommes absorbés par ce monde. Pour ceux qui n’écrivent pas, c’est un peu comme lorsque vous regardez un film ou une série : l’interruption n’est jamais agréable puisqu’elle tire d’un monde dans lequel nous nous sommes immergés, à travers des personnages et une histoire propre.

L’idée d’avoir une échappatoire renvoie sans aucun doute au besoin de se divertir. Tout un chacun a besoin de s’évader du réel pour le bien de son imaginaire, de son esprit ou encore de son psychisme. Un grand mot pour dire que peu importe ce qu’on en tire, c’est essentiel. Si j’adore les séries et si je regarde énormément de vidéos sur YouTube, l’écriture garde pour moi la véritable valeur de l’évasion. A cela se rajoute la nécessité d’exprimer ce qui se joue dans mon imaginaire, puisqu’il est très fourni. Ecrire est la meilleure manière que j’ai trouvé pour exprimer le mien. D’autres préfèrent le dessin, la peinture ou encore la musique. Et à ce titre, l’écriture est pour moi ni plus ni moins qu’un art.

Cette réflexion ne s’arrête pas là et se poursuivra dans le quatrième article de ma série ! J’espère qu’elle vous plaît et qu’elle vous donne matière à réfléchir. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en discuter avec moi dans les commentaires, je réponds avec grand plaisir.

4 commentaires sur “Les interrogations d’autrui

  1. Bon jour,
    A votre article, fort intéressant, il y a ce demi reflet de la question du pourquoi d’écrire, me laisse songeur, …. alors même que j’écris quelques histoires sur mon blog et cela pour me désennuyer … je pense … car, je crois fermement que tout est déjà écrit, même l’imaginaire … et donc j’apporte à ce moi-même de l’insignifiance par l’écriture qui s’oppose à ma vie du réel dont l’ennui ouvre chaque jour ses portes …
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis ravie de savoir que cette question vous laisse songeur. Si je peux vous faire réfléchir à la raison très personnelle pour laquelle chacun écrit, je pense que cet article est réussi ! Se désennuyer du réel, pour reprendre vos termes, c’est finalement s’évader. Si tout est déjà écrit quelque part, alors cela nécessite tout de même d’être écrit ici, tout comme ce qui est dessiné, composé, construit. C’est alors tout à l’honneur de chacun d’essayer d’être celui qui écrit, dessine, compose, construit.

    Aimé par 1 personne

  3. C’est vrai que les questions fusent suite à cette affirmation « j’écris ». Pendant longtemps j’ai eu du mal à le dire justement parce que mes textes étaient très personnels. Et je ne me sentais pas à l’aise avec l’idée de les partager.
    Comme tout nous évoluons et notre écriture aussi
    Quand on me demande pourquoi, je réponds souvent que c’est une de mes manières d’être au monde. C’est ma façon à moi d’appréhender le monde, les gens, la vie, les expériences, les émotions. C’est un acte assez intime au fond écrire. Comme toute autre forme d’expression. Un art qui me rapproche de moi et des autres.

    Aimé par 1 personne

    1. Je dois dire que j’ai eu du mal à mes débuts aussi. Et finalement, j’ai compris qu’on pouvait dire non à une demande qui nous gène, comme celle de lire ce qu’on écrit. On peut aussi sélectionner les textes qu’on accepte de leur faire lire, sans forcément tous les partager.
      C’est certes très intime d’écrire puisque nous partons de nos ressentis, de notre vision du monde et finalement de notre vécu pour nourrir nos textes. Alors on a peur qu’à travers eux les gens nous voient nus, sans qu’on puisse s’en défendre. Mais finalement, comme vous le dites si bien, c’est un lien que nous créons avec les autres et que nous apprenons à doser au fur et à mesure des années.

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s