Etre seul

Mon premier guide s’en inspire beaucoup. Je pense qu’il y est né, sans vraiment en être certaine. La solitude est une chose assez douloureuse et marquante. Pour moi en particulier mais je pense que c’est le cas pour tous, à des niveaux différents. Pendant un temps, je me persuadais d’aimer la solitude. Vous savez, comme ces personnages qui aiment se retrouver seuls avec eux-mêmes et qui exècrent la foule. Cela les rendait attirants, mystérieux et finalement plus entourés que ce qu’ils revendiquaient apprécier. Alors pour ne plus me sentir si seule, je me disais que je ne voulais pas être entourée, que je me suffisais à moi-même et que je me complaisais dans cette solitude. Or ce n’était pas du tout vrai.

La solitude est rude. Des amis, j’en avais. Mais ces amis ne pouvaient pas comprendre les choses qui m’isolaient. Ça, c’était ce que je croyais. En vérité peu importait puisqu’ils ne cherchaient pas vraiment à discuter avec moi. Tout ceci me convainquait chaque fois un peu plus que j’étais seule. Alors voilà, j’en suis venue à me dire qu’au bout du compte je serai au toujours seule. Dans une énième crise de larmes, dans un état de tristesse profonde et blessée au sein de mon propre cœur, je me suis résolue à cela. Chaque relation qui se terminait mal confirmait un peu plus cette théorie.

Quand je l’ai réellement intégré, cela a été un soulagement et de là a découlé mon premier guide. De cette période sombre a jailli la lumière. Si la solitude a été bénéfique elle a malheureusement été aussi un véritable crève-cœur. Seulement il m’était impossible de ne pas avancer. Par ma nature, il m’était indispensable d’en tirer une leçon, voire plusieurs. Donc nous voilà rendu à cette constatation, peut-être triste mais surtout vrai, qu’à la fin nous sommes toujours seul. On meurt seul, peu importe le nombre de proches qui sont là. A la fin, nous nous retrouvons avec nous-mêmes et nous sommes confronté à cette solitude immense qu’il aura fallu apprivoiser bien avant.

La solitude n’est donc pas une fatalité. Elle l’aura été pour moi mais ne l’est certainement plus. Quand elle devient insupportable, j’arrive aujourd’hui à la contourner voire à la surmonter. La méditation aide parfois puisqu’elle permet de se recentrer sur soi. Elle apaise et chasse les pensées noires qui peuvent nous hanter. Appeler un proche, une personne de confiance aide aussi énormément. Exorciser ses peurs et ses angoisses n’est jamais facile mais une fois qu’on y arrive, cela soulage énormément.

Aujourd’hui, je recherche parfois la solitude. Jamais lorsque je suis en cours, lorsque je sors ou lorsque je travaille. En revanche, la solitude m’est indispensable pour écrire puisqu’elle me garantit le silence. Elle m’est aussi nécessaire lorsque je dessine et me le sera lorsque j’enregistrerai ma voix. Enfin, elle m’est essentielle lorsque je lis. Je ne peux pas lire entourée d’autres personnes. C’est d’ailleurs pour cela que je ne lis plus tant qu’avant. Je suis très souvent entourée lorsque j’ai du temps libre. A la fac, dans les transports en commun ou en famille, je ne peux pas m’immerger et profiter de ma lecture. Alors chaque fois je m’isole.

Cette solitude bienfaisante est choisie, tandis que celle qui blesse fortement est subie. Le tout est de savoir la surmonter. Parce qu’elle est inévitable et qu’on doit sans aucun doute s’y confronter. A chaque confrontation, on en apprendra un peu plus d’elle. Et un jour peut-être, elle ne sera plus tant insupportable.

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