Mon rapport au sport

Le premier sport que j’ai pratiqué a été le judo. Il garde dans mon cœur et sans doute dans mon corps une place toute particulière. Tout petit, on vous inscrit souvent à un sport pour vous défouler, vous socialiser et vous apprendre une bonne habitude de vie. Le sport est quelque chose d’important dans notre société puisqu’il est une des causes de bonne santé. Sans activité sportive, même avec une très bonne alimentation, la santé ne peut être totale. Du moins est-ce ce que nous apprenons. Pour moi, ce sport a été le judo. C’est un sport qui est censé apprendre le respect, le contrôle de son corps et surtout le contrôle de sa colère. Le judo permet de se défendre sans jamais attaquer. Il apprend aux judokas des rituels et des techniques pour se concentrer. Ainsi, la colère et l’agressivité ne peuvent plus prendre le pas sur eux.

Puisque j’étais une enfant débordante d’énergie, ce sport m’a permis de me canaliser. Là encore, c’est ce qu’on m’a dit. Fut un temps, j’aurais sans doute pu être étiquetée « enfant hyperactive ». Ce sont donc des propos à modérer, qui m’ont été rapporté par mes parents et qui ont sans doute défini certaines choses chez moi plus tard. A tort ou à raison, personne ne le saura jamais ! Pour en revenir au judo, j’adorais y aller. Je faisais des compétitions, je m’amusais réellement et j’étais plutôt déterminée à m’améliorer. Je crois qu’à l’époque j’aurais aimé devenir ceinture noire jusqu’au dernier dan. Seulement, j’ai été contrainte d’arrêter soudainement le judo. Le dojo a déménagé à l’autre bout de la ville quand il était en face de chez moi jusqu’alors. J’ai eu beau faire des pieds et des mains, mes parents ne pouvaient pas m’emmener.

Bien que le judo ne soit plus une option pour moi, je devais tout de même continuer à faire du sport. Une activité physique vous dis-je, est gage de bonne santé ! Et qui ne voudrait pas tout faire pour que son enfant soit en bonne santé ? Par défaut, je me suis donc tournée vers la danse. Non pas la danse classique mais le modern jazz. J’ai apprécié ces années, durant lesquelles j’ai eu une professeure exigeante et stricte, mais jamais autant que les précédentes. Ces années ont pris fin lorsque je suis entrée au collège. Je n’avais « plus le temps » et à vrai dire surtout pas l’envie de continuer la danse. Je n’avais sans doute pas en moi le courage et la motivation nécessaire pour obtenir des résultats satisfaisants.

Des années plus tard, au lycée, j’ai décidé de reprendre une activité sportive. Sans doute pour des questions de santé mais principalement pour des raisons d’image corporelle. C’est en effet à cette période qu’on s’intéresse à son corps. Il change, devient petit à petit celui d’un adulte, celui d’un homme ou d’une femme. Il se différencie, des courbes apparaissent et il faut se le réapproprier. Malheureusement, pas de dojo proche du lycée. Alors avec une amie, nous nous inscrivons à un cours de danse hip hop. Plus jeune, plus dynamique, je me dis que cela me plairait peut-être un peu plus. J’en ai fait durant deux ans, avec à la fin le soulagement que cela se termine. La danse, c’était terminé pour moi !

L’année suivante, j’ai cherché un sport plus attractif. J’ai trouvé, à dix minutes à pied de chez moi, un club de kick boxing, full contact et K1. Magnifique ! Ce n’était pas du judo mais c’était un sport de combat. Je pensais encore alors que j’avais absolument besoin de me défouler, que j’intériorisais trop pour ne rien faire à ce propos. J’ai apprécié cette activité, dans laquelle j’ai constaté de vifs progrès. Cependant, je n’en ai fait qu’un an et demi avant de chercher autre chose. Le judo ne quittait pas ma tête. Alors en septembre suivant, lorsque j’ai changé d’université, je m’y suis réintéressée. Seulement, le dojo est trop loin de mon lieu de résidence pour que je m’y rende réellement une fois par semaine.

Dépitée mais tout de même décidée à pratiquer un sport qui pourrait me plaire, je m’inscris à l’équitation. J’ai toujours voulu savoir monter à cheval et c’est exactement ce que j’ai appris. Cependant, j’ai aussi appris que cet environnement et cette manière de faire n’était certainement pas compatible avec mon état d’esprit. Au bout d’une année, j’ai donc arrêté et suis partie avec les bases suffisantes pour m’améliorer en temps voulu. Entre temps, j’ai aussi fait 6 mois de musculation, curieuse de savoir si cela me plairait ou non. Les objectifs étaient intéressants mais je n’ai pas été transportée par l’activité.

Cette année, j’ai donc encore changé. Je me suis repenchée sur le judo, sans autant trouver un moyen de régler ce souci de distance entre mon domicile et les dojos. Alors je me suis inscrite à l’escalade et au tir à l’arc. Je pensais sincèrement m’épanouir en escalade parce que j’avais rêvé d’en faire depuis quelques années. Cependant, je n’ai absolument pas apprécié et j’ai laissé tomber. En revanche, le tir à l’arc m’a transcendée ! Curieusement, cela m’a tout de suite plu et passionné. Pourtant, aucune activité physique exhaustive donc peu de moyen de me défouler. Et c’est cette passion soudaine qui m’a faite m’interroger. Pourquoi le tir me plaisait tant ? Passées la découverte et la chance du débutant, j’appréciais toujours autant monter mon arc, prendre mon carquois et tirer mes flèches.

A cet instant, me revient en tête le judo. J’ai adoré le judo et je cherche à en refaire. J’adore le tir à l’arc et je suis déterminée à ne pas arrêter là. Quelle ressemblance entre ces deux sports ? Au tir, on nous apprend des rituels pour aider à la concentration. La rigueur est de mise, l’attention doit se porter sur la flèche puis sur la cible et la posture est des plus importante. Au judo, les rituels sont aussi présents. Les règles sont strictes et le corps est notre outil. Non pas pour attaquer mais pour se défendre. Et je crois que ce sont là les ressemblances. Depuis toutes ces années, j’ai cru devoir me défouler quand en réalité j’avais simplement besoin de mon concentrer. Non pas faire sortir de moi, évacuer, décharger mais orienter l’excitation, la transformer en quelque chose d’utile et de précis.

A travers ce bout d’histoire, je voulais soulever l’importance de se questionner sans arrêt. Quelque chose qui nous a longtemps défini et qui a certainement orienté nombre de nos choix peut se révéler être faux. L’entourage aura mal interprété ou mal transmis certaines choses à l’enfant ou la personne que nous étions alors. Il est donc important de ne jamais se croire accablé par un défaut immuable, sous prétexte qu’il est présent depuis notre naissance. Un regard nouveau, sous un angle différent, donnera sans doute à voir, si ce n’est une qualité, une manière d’évoluer.

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