Les églises

Toute petite, j’avais l’habitude de visiter des monuments historiques avec mon père et plus particulièrement des églises. J’ai continué seule lorsque j’ai quitté le domicile familial et aujourd’hui j’adore ça. La passion s’est installée au fur et à mesure. Elle n’a pas vraiment de début et n’aura jamais de fin. Lorsque je passe à côté d’une église, je me demande toujours si elle est ouverte. Si j’ai le temps, j’y entre et j’en fais silencieusement le tour, la tête tournée vers le haut, en admirant ce qu’elle a à offrir à la vue. Si je n’ai pas le temps, je garde dans un coin de ma tête son emplacement et le désir de la visiter un jour. Flâner dans une ville ne peut donc se faire sans visiter au moins une de ses églises. Elles ne reflètent pas toujours la ville et sont en réalité souvent un monde à part. Elles sont toutes différentes et n’offrent jamais le même spectacle. Mais elles m’emplissent toutes d’émerveillement et de joie.

J’ai énormément de mal à reconnaître les styles et je dois dire que je devrais m’informer. Peut-être les verrais-je alors d’un nouvel œil. En effet, lorsqu’on est accompagné par quelqu’un qui s’y connaît concrètement, on en apprend beaucoup plus. L’expérience est différente, peut-être plus complète. Si je me laisse guider par les émotions, si je m’arrête devant la beauté et la magnificence lorsque je suis seule, j’en suis quelque fois tirée par des compléments d’informations quand je suis accompagnée. Il faut croire que je ne suis pas assez passionnée par cette information pour aller la chercher moi-même. En effet, je parlais déjà de résonnance dans mon article sur la montagne. Ici, c’est un peu le même sentiment.

Les églises offrent à la vue une variété de formes, de textures et de couleurs. Commençons par ces dernières. Elles persistent pour la plupart sur les vitraux et se sont effacées des murs. On les a parfois même volontairement effacées, donnant à ces lieux de culte une teinte universelle mais non sans saveur : celle de la pierre nue. Bien qu’elle laisse puisse dégager une certaine froideur, qui met à distance certaines personnes, elle est à mes yeux une invitation à la projection et glissement du regard. Suivre les lignes de l’assemblement des blocs de pierre mène à des détails qu’on ne perçoit pas au premier regard. Il est tout aussi facile de s’imaginer telle ou telle couleur sur un pan de mur, une représentation ou une idée. Comment l’aurait-on orné, nous ? Quelles couleurs aurions-nous utilisé ?

Lorsque je parle des textures, je parle des différentes pierres. Dans certaines églises, l’autel n’est pas taillé dans la même pierre que les murs du chœur ou encore que ceux des catacombes. Elles sont différentes et renvoie de la douceur ou de la rugosité. Sans même les toucher, elles on devine facilement ce qu’elles procureraient sous les doigts. Et si la pierre est unique pour toutes les parties de l’église, alors elle aura vieilli différemment. Le sol aura été patiné par le passage des croyants et des visiteurs, par les invités et le clergé. L’autel n’aura pu subir le même sort et les murs encore moins. Ces derniers auront été éprouvé par la météorologie. La pluie aura laissé des traces, le soleil et le vent aussi. Elles auront alors pris vie. Et éprouvées par le temps, elles auront pris une nature propre à elles seules. N’est-ce pas fascinant de voir alors que l’homme n’aura pas su composer sans la nature ?

Enfin les formes sont très variées. D’un de vue des détails ou général. Si la construction des églises suit généralement un plan spécifique, certaines s’en éloignent un peu. Remaniant les courbes, ajoutant des recoins, étirant certaines parties, elles offrent quelques fois de surprenantes visions. Une église qui m’a tout particulièrement marquée est l’église Saint-Pierre de Caen. Cette ville a cent clochers et celui-ci est un de plus grands. Sans parler des cathédrales qui sont à part, celle-ci est impressionnante. Centrale, jouxtant le château, elle offre des détails incroyables. Ses piliers sont tous ornés de sculptures, fines et délicates. La couleur semble superflue et il m’est difficile de l’imaginer autrement que ce qu’elle est aujourd’hui. La pierre nue, les formes qui en émergent, les plafonds tout aussi ornés, rien ne manque. L’œil n’en a jamais assez. Quand il se perd sur les voûtes, la vision en est sublimée. Les vitraux partiellement détruits ne se remarquent que si on le veut. Il y a tant d’autres merveilles qu’ils ne manquent pas. Bien que j’espère un jour les revoir, leur absence n’entache pas la visite de cette église.

J’en ai visité beaucoup, que je revisite chaque fois avec plaisir, et j’en visiterai encore. Je ne saurais expliquer cette attirance incommensurable pour elles. Tout ce que je sais c’est que les visiter m’emplit de joie et qu’il ne m’est rien de plus agréable que d’en découvrir une nouvelle.

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