Gérer sa santé – Première partie

Ayant posé les bases de ma condition étudiante dans l’article précédent, je voulais vous faire un point sur l’utilisation du système de santé en France lorsqu’on est étudiant. Avant tout, chaque fois que j’ai besoin d’un spécialiste ou d’un docteur en général, je cherche en priorité un docteur conventionné secteur 1 qui pratique le tiers-payant et qui prend la carte vitale.

Un médecin qui ne prend pas la carte vitale ne pratique par conséquent pas le tiers-payant, qui est une avance des frais médicaux, et vous devez envoyer une feuille de soin distribuée par ce médecin à la sécurité sociale et à votre mutuelle si vous en avez une pour être remboursé. C’est donc quelque chose qui retarde énormément les remboursements et qui ne permettent pas d’aller consulter sans débourser. Il est donc très important pour moi, avec le budget que j’ai, de trouver des médecins qui prennent la carte vitale puisque les informations seront transmises plus rapidement à ma mutuelle et à la sécurité sociale. En plus de ça, s’il pratique le tiers-payant je n’aurai pas à avancer la part sécurité sociale ni la part mutuelle. J’aurai donc à payer seulement l’excédent, s’il y a des dépassements d’honoraires. Finalement, le fait que le médecin soit conventionné secteur 1 vous assure qu’il n’y aura pas, pour une consultation basique, de dépassement d’honoraire. Sur le tarif de base, la sécurité sociale remboursera 70 % et pour ma part la mutuelle prendra en charge le reste.

Une fois ceci bien en tête, je vais vous parler un peu de mon expérience, qui s’étale sur plusieurs années et est constituée de plusieurs désagréments. A partir de mes 21 ans environ j’ai commencé à avoir quelques soucis de santé. Rien de très grave, pas de pathologie lourde, mais des trucs assez gênants et qu’il me fallait régler rapidement. A ce moment là j’étais encore en Normandie et j’avais donc mon médecin traitant à 20 min de chez moi en tram. Ce médecin me suit depuis ma naissance donc autant dire que je le connais bien ! C’est aujourd’hui encore mon médecin traitant parce qu’il est en or. Donc mes soucis ont commencé avec une baisse de fer dans le sang dont j’ai eu connaissance suite à un de mes dons réguliers à l’EFS. J’ai reçu une lettre de leur part, me conseillant d’aller consulter mon médecin traitant pour qu’il cible le problème. C’est ce que j’ai fait et s’en est suivie une prise de sang. Elle a été presque entièrement prise en charge par la sécurité sociale, à l’exception du dépistage que j’ai demandé en même temps. A l’issue de celle-ci je n’avais il s’est avéré que je n’avais qu’une carence en fer. Elle a pu être réglée avec une cure de fer qui consistait à prendre deux comprimés par jour pendant trois mois.

Si ce souci de santé a été rapidement réglé, il m’importait d’en connaître la cause pour qu’il ne se représente pas dans le futur. Et elle était due à mon mode de vie, plus spécifiquement à mon alimentation. Mes deux années post-bac ont été consacrées à la PACES, première année commune aux études de santé. Durant cette année, je me suis enfermée dans mes cours et mes révisions en délaissant mon alimentation et, en règle générale, mon hygiène de vie. Je n’ai pas fait beaucoup de sport non plus durant ces années. Ayant un petit budget et peu de temps pour l’optimiser, je faisais mes courses dans le but de me nourrir rapidement et à bas prix. J’ai principalement mangé des pâtes, sans viande ni légume. C’est donc de là que provenait ma carence, sans compter mon manque de sommeil indéniable et les litres de café que je m’envoyais dans la semaine pour tenir. Alors quand je suis sortie de ce cursus, j’ai repris mon alimentation en main et je me suis constituée une meilleure hygiène de vie. Même si je n’aime pas cuisiner, je diversifie au mieux mon alimentation et ça a marché ! Plus de carence en vue et je croise les doigts pour qu’elle ne revienne pas. Mine de rien, c’est assez fatiguant.

MAIS une bonne hygiène de vie ne suffit pas forcément. En effet, au cours de l’été 2017 j’ai eu des soucis de mâchoire. Cette dernière se bloquait à droite et m’empêchait de mâcher correctement. J’ai eu assez peur de me la fracturer ou de me la déboîter et de devoir aller en urgence à l’hôpital ou chez un dentiste de garde. J’ai donc pris rendez-vous chez mon dentiste qui me suit aussi depuis toute petite et en août il m’a fait une radio grâce à laquelle on a pu voir qu’une de mes dents de sagesse gênait potentiellement l’articulation. J’en ai profité pour lui parler de mes gencives qui saignaient depuis quelques mois sans que je puisse rien y faire. Je suis repartie du cabinet avec le conseil suivant : si jamais je ressens une nouvelle gêne, il faudra consulter un chirurgien-dentiste pour qu’il me retire les dents de sagesse, mais aussi avec l’angoisse d’être enceinte. Parce que si mes gencives saignaient et que ça ne partait pas avec un bain de bouche et une brosse à dents très souple, c’était forcément du à une grossesse puisque ce n’était pas une infection des gencives.

J’aimerais m’arrêter un instant là-dessus parce que je trouve que c’est grave. J’ai d’abord pris cela pour une blague de mauvais goût mais il n’a rien fait pour me rassurer ni même adoucir ses propos. Une fois l’idée en tête, il m’était impossible de m’en défaire. Ne pouvant pas me résoudre à faire un test de grossesse, parce que ce serait avouer qu’il avait peut-être raison et que je pourrais faire un déni, j’ai attendu… pour constater avec soulagement qu’il avait tord. Ce problème de saignement de gencive se règle tout juste, en juillet 2018, avec l’utilisation d’une brosse à dent électrique, deux fois par jour. C’était d’ailleurs ce que le dentiste m’avait conseillé si la brosse à dent post-opératoire (donc plus douce que les autres) ne fonctionnait pas. Sortie de ce rendez-vous, j’étais vraiment mal et je l’ai été quelques mois, oscillant entre la nécessité d’être rassurée et celle de ne pas y penser, parce que je savais que je n’étais pas enceinte. Ce doute n’aurait jamais existé si un docteur en odontologie ne me l’avait pas suggéré. Aujourd’hui, je crains encore de temps à autres le déni de grossesse et je suis certaine que c’est à cause de ce dentiste.

J’ai ensuite déménagé en septembre 2017 et donc changé d’équipe soignante. Ma mâchoire a attendu novembre pour refaire des siennes. Je lui en suis, en quelques sortes, reconnaissante d’avoir patienté puisque c’est à ce moment que j’ai eu un peu moins de soucis avec l’administratif – la CAF essentiellement. J’ai appelé en décembre un stomatologue pour être opérée le 2 février 2018. Entre temps je l’ai vu en consultation, je lui ai partagé ma radio et j’ai payé 70€. Avec une partie minime prise en charge par la sécurité sociale, c’est à ce moment que j’ai commencé à sentir que j’avais choisi le mauvais praticien et que je ne m’étais pas assez renseignée. En effet, il pratiquait des dépassements d’honoraires qui n’étaient pas pris en charge par la sécurité sociale et à ce moment la télétransmission vers ma mutuelle n’était pas activée. Cependant, après un appel passé à la clinique, ils pratiquaient le tiers-payant pour la sécurité sociale et la mutuelle. J’ai donc continué sur ma lancée et j’ai vu l’anesthésiste le mercredi pour être opérée le vendredi dans la matinée.

Arrivée assez tôt à la clinique, j’ai été de suite dirigée vers les chambres. J’ai pu y enfiler une superbe tenue pour le bloc et j’ai attendu gentiment qu’on vienne me chercher. Cette attente n’a pas été trop longue puisque j’avais emmené un livre avec moi – Mr Mercedes de Stephen King – mais la suite n’a pas été si sympathique. Une fois sortie de ma chambre et allongée sur un brancard, j’ai eu terriblement froid. Les couvertures n’y faisaient rien, je grelottais. Sans doute parce qu’on était en février, sans chauffage, mais aussi peut-être un peu parce que j’étais stressée et de plus en plus angoissée. On a beau se dire que tout va bien se passer et que c’est l’histoire d’une heure ou deux, l’attente ne fait vraiment de bien au moral ni au courage. Mais comme je pense que j’en ai assez dit pour cette fois, je vous laisserai découvrir la suite de l’opération dans le prochain article, ainsi que toutes les réjouissances qui ont suivi !

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