Je suis étudiante

Etre étudiante : qu’est-ce que ça veut dire vraiment ?

D’abord et avant tout, je ne vais pas vous définir l’étudiante mais je voudrais simplement rappeler que c’est un terme un peu fourre-tout qui désigne factuellement une femme qui étudie. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas si simple et si… réducteur. Etre étudiante c’est aussi une situation sociale qui en dit plus long sur toi que ce que tu ne pourrais jamais imaginer. Peu importe la filière dans laquelle tu es, certaines choses ne changent pas.

Etre étudiante c’est être jeune.

Parce que la majorité l’est. Tout droit sortis du Bac, les étudiants sont jeunes et tout ce qui s’en suit. Avec la jeunesse va l’inexpérience, alors quand un étudiant vous dit combien la vie est dure… Qu’en sait-il après tout ? On m’a récemment dit que je ne m’assumais pas simplement parce que je ne gagne pas assez pour prétendre m’occuper de moi. Alors quand je gère mes papiers, ma nourriture, mon loyer, mon logement, mes études et mon job étudiant, qu’est-ce que je fais ? Etre étudiante, c’est au moins mettre un pied dans la vie d’adulte si ce n’est en devenir un. On cesse d’être lycéen et entièrement dédié à ses heures de cours pour s’occuper de soi et de sa propre place dans la société. Pour ma part je suis une adulte, étudiante certes mais une adulte.

Etre étudiante c’est être fauchée… sans vraiment savoir ce que c’est.

Parce qu’on est toujours dépendant de ses parents. Parce que si on a un souci à la fin, au début ou au milieu du mois, on peut toujours les appeler pour qu’ils fassent un petit virement sur le compte en vue de la soirée qui se profile. Sauf qu’en fait… Ce n’est pas du tout mon cas, ni celui de beaucoup d’autres. Si je suis fauchée, je le suis pour de vrai. Alors quand on se permet de me dire que je ne sais pas encore ce que c’est de gérer un budget, ça me fait rire jaune. Certes j’ai un tout petit budget mais étant tout ce que j’ai il me faut le gérer au centime près. Pas de dépense inutile, pas d’excès et surtout un chiffrement exacte de toutes mes dépenses vitales. A moins d’avoir la chance d’avoir un soutien financier pour le soulager, l’étudiant sait ce que c’est d’être fauché.

Qui dit être fauché, dit devoir chercher des bons plans, des astuces, pour en somme éviter de payer plein pot ce qu’on aurait pu trouver à petit prix. Je ferai un autre article là-dessus mais sur Lyon, il y a beaucoup de groupes sur facebook par exemple qui donnent un peu de tout (meubles, vêtements, ustensiles de cuisine et j’en passe) et qui permettent d’être bien chez soi sans se ruiner pour autant ! De même, pour des vêtements de seconde main, en bon état, il y a quelques adresses sympathiques, notamment une friperie ouverte les week-end dans le centre. Celle-ci permet non seulement d’acheter des vêtements à des prix très abordables mais aussi de vendre les siens lorsque les placards sont – un peu trop – remplis.

Quant à la nourriture, elle reste l’ennemie numéro un du petit budget. Pour s’en sortir, il faut trouver LE magasin. Celui dans lequel on ne cède pas sur la qualité pour avoir la quantité, même si entendons-nous bien, avec un si petit budget, il ne sera pas possible d’acheter de la très grande qualité. Alors quand on arrive dans une grande ville, il faut se renseigner sur les magasins alentours, comparer les prix et faire pour une semaine, deux semaines de courses dans chaque si la différence n’est pas flagrante, pour se décider sur lequel deviendra votre magasin attitré où vous irez faire vos courses.

Etre étudiante c’est se la couler douce.

Se lever tard parce qu’on a cours que l’après-midi ou encore bosser deux jours par semaine et être en vacances le reste de l’année, c’est apparemment ce qu’est être étudiant aux yeux de ceux qui travaillent. La quantité de cours et de travail varie énormément selon la filière dans laquelle on se trouve. Etant en psychologie et encore en licence, je dois dire que ma quantité de travail est bien moindre comparée à celle produite pour des études de médecine ou de droit. Cependant, elle reste bien réelle et si je n’ai pas 35h de cours par semaine, j’ai tout de même du travail personnel à fournir.

Ceci combiné au paragraphe précédent, personne ne sera étonné que je parle d’emploi étudiant. Pour faire une réelle différence à la fin du mois et permettre, par exemple, de se soigner correctement ou d’acheter les vêtements nécessaire au renouvellement non exhaustif de sa garde-robe, ces emplois doivent être d’environ 15h par semaine, voire plus. Certains étudiants ont un contrat de travail de 25h par semaine, sans lequel il leur serait impossible de payer leur loyer, de manger correctement ou encore de passer le permis. Alors combiner deux activités, exceller en cours parce qu’on veut aller en master et travailler sur son temps libre pour pouvoir vivre et non survive, je ne trouve pas que c’est se la couler douce.

Etre étudiant c’est difficile mais ça vaut le coup.

Les concessions à faire sont nombreuses. Dès qu’on veut partir en vacances, on se demande si on aura les sous, si on ne devrait pas plutôt travailler pour préparer l’année à venir et les coups durs qu’elle nous réservera sans doute. Si ce statut nous permet d’avoir un sandwich gratuit chez KFC ou un abonnement de transports en commun à moitié prix, c’est aussi et surtout se battre pour une avenir dont on aura envie et pour un métier que nous voudrons exercer encore longtemps.

Donc être étudiant nous permet d’apprendre et sur soi et sur la société dans laquelle on évolue. Je pense avoir acquis, grâce à cette situation, une certaine maturité. En effet, se prendre en charge et évoluer seule parce qu’on n’a pas d’autre choix est très formateur. Apprendre à faire la paperasse, à prioriser et à se faire plaisir de temps en temps sont des choses qui ne s’acquièrent pas sans se mettre un peu en difficulté. Travailler à côté de ses études, que ce soit pendant les cours ou durant les vacances, permet de se faire une idée du monde du travail et personnellement de me conforter dans l’idée que je veux faire des études et que cela me plaît. Je vous parlerai sans doute plus en détails de mon cursus et de ce qui me plaît tout particulièrement dans un autre article, parce que si ça vaut autant le coup c’est principalement parce que je m’y épanouis un peu plus d’année en année.

Pour conclure.

Cet article a uniquement pour but de vous montrer l’autre côté, le mien, ma vision des choses et vous partager les réactions et réflexions désagréables que je peux recevoir lorsque je me présente en tant qu’étudiante. Il y a cette supériorité dérangeante chez l’autre qui induit, sans même discuter avec moi, une absence de maturité et de connaissance à propos de la société. Pour moi, c’est exactement la même chose que de penser qu’une femme ne connaît rien aux jeux vidéos parce qu’elle n’est pas un homme. Calquer une personnalité ainsi que des qualités et des défauts en se basant uniquement sur un statut est très réducteur. J’espère donc que cela pourra en aider plus d’un, ou à défaut vous divertir tous !

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